Source d’information: The New York Times

Editrice: Ana

Traductrice: Dandan

Phillip Shoemaker, qui a dirigé l’App Store d’Apple de 2009 à 2016, a déclaré dans une interview que les avocats d’Apple en Chine ont donné à son équipe une liste de sujets qui ne pouvaient pas apparaître dans les applications du pays, notamment la place Tiananmen et l’indépendance du Tibet et de Taïwan. Selon lui, la politique d’Apple est très simple : si les avocats estiment qu’un sujet est interdit en Chine, Apple le supprime.

Sur les iPhones chinois, Apple interdit les applications concernant le Dalaï Lama tout en accueillant celles concernant le groupe paramilitaire chinois accusé de détenir et de maltraiter les Ouïgours, un groupe ethnique minoritaire en Chine.

L’entreprise a également aidé la Chine à diffuser sa vision du monde. Les iPhones chinois censurent l’emoji du drapeau taïwanais, et leurs cartes suggèrent que Taïwan fait partie de la Chine. Pendant un certain temps, il suffisait de taper le mot “Taïwan” pour éteindre un iPhone, selon Patrick Wardle, un ancien pirate informatique de la National Security Agency.

Parfois, M. Shoemaker a dit qu’il était réveillé au milieu de la nuit par des demandes du gouvernement chinois (le PCC) de supprimer une application. Si l’application semblait mentionner des sujets interdits, il la supprimait, mais envoyait les cas plus compliqués aux dirigeants, dont M. Cook et M. Schiller.

En 2012, Apple a résisté à un ordre du gouvernement chinois (le PCC) de supprimer les applications du Times. Mais cinq ans plus tard, c’est finalement le cas. Cook a approuvé la décision, selon deux personnes au courant de la question qui ont parlé sous couvert d’anonymat.

Apple a récemment commencé à divulguer la fréquence à laquelle les gouvernements lui demandent de supprimer des applications. Au cours de la période de deux ans qui s’est achevée en juin 2020, date des dernières données disponibles, Apple a déclaré avoir approuvé 91 % des demandes de retrait d’applications émanant du gouvernement chinois (le PCC), retirant ainsi 1 217 applications.

Dans tous les autres pays réunis au cours de cette période, Apple a approuvé 40 % des demandes, supprimant 253 applications. Apple a déclaré que la plupart des applications supprimées pour le gouvernement chinois (le CCP) étaient liées aux jeux d’argent ou à la pornographie ou fonctionnaient sans licence gouvernementale, comme les services de prêt et les applications de diffusion en direct.

Pourtant, une analyse par le Times des données relatives aux applications chinoises suggère que ces révélations ne représentent qu’une fraction des applications qu’Apple a bloquées en Chine. Depuis 2017, environ 55 000 applications actives ont disparu de l’App Store d’Apple en Chine, selon une analyse par le Times de données compilées par Sensor Tower, une société de données sur les applications. La plupart de ces applications sont restées disponibles dans d’autres pays.

(Clause de non-responsabilité : Les commentaires ne représentent que l’opinion de l’auteur)

Source d’information: Censorship, Surveillance and Profits: A Hard Bargain for Apple in China